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C. Eddé : « C’est la population en colère qui a rouvert les routes »
Réagissant aux émeutes du 23 janvier, les forces du 14 Mars ont affirmé hier, à partir de Bkerké, avoir été « surprises » par la fermeture des routes, dans laquelle elles ont vu « une atteinte à la liberté », et par « la négligence de l’armée, surtout l’avant-midi ». C’est le Amid du Bloc national, Carlos Eddé, qui s’est exprimé au nom de la délégation, qui comprenait en outre M. Samir Frangié, député, ainsi que MM. Farès Souhaid, Mansour el-Bone et Camille Ziadé. Pour M. Eddé, « c’est la population libanaise en colère qui a rouvert les routes coupées ». « Ce sont les gens ordinaires, et non seulement les forces du 14 Mars, qui ont voulu se déplacer d’un endroit à l’autre, et qui sont entrés en colère en constatant qu’ils n’y parvenaient pas. Si les choses avaient continué, nous aurions assisté à des incidents bien plus graves », a expliqué M. Eddé. Et d’ajouter : « Quand l’opposition a constaté qu’elle avait perdu l’appui de la population, elle a décidé de recourir à la force ; et celui qui coupe une route aujourd’hui, sans rencontrer de résistance, la coupera à nouveau demain pour interdire autre chose. » Par ailleurs, le patriarche Sfeir a reçu hier M. Michel Moawad, ainsi qu’une délégation politique comprenant le député Pierre Daccache et MM. Youssef Salamé et Alain Tabourian, anciens ministres. Enfin, parmi les visiteurs de Bkerké figure le président de l’Association des banques, François Bassil, qui a affirmé que les incidents de la journée du 23 janvier sont « la conséquence logique de l’échec des démarches de conciliation » menées auprès des différentes forces politiques. M. Bassil a déploré que « tout le monde, des hommes politiques aux responsables, soit désormais l’otage de crises régionales ou de haines personnelles », et mis en garde contre les conséquences économiques de cette situation « sur la confiance des investisseurs et déposants locaux, arabes et étrangers ».